Depuis quelques années, notre cher pays le Burkina Faso, connaît des troubles qui fragilisent la sécurité du pays. Ces troubles sécuritaires causent de grandes souffrances de toutes sortes au sein de la population. Ces troubles occasionnent une panique totale dans le pays, mettant en péril le développement économique de ce pays le Burkina Faso. Cette crise sécuritaire fait payer un lourd tribut au Burkina Faso. Les femmes et aux enfants sont les couches les plus vulnérables dans de pareilles situations.
Face à cette insécurité quelle stratégie peut-on adopter pour une meilleure résilience des femmes ?
Avant de donner quelques éléments de réponses, nous allons faire une petite histoire de la notion de résilience.
Etymologiquement, la résilience vient de l’anglais resilience, issu du latin resilire, et signifie « rebondir », « rejaillir ». En physique, la résilience est la capacité des matériaux à résister aux chocs ou à retrouver leur forme initiale après avoir été comprimés ou déformés.
Dans le dictionnaire anglo-saxon, le sens est élargi à la robustesse corporelle et à la résistance du caractère.
Le concept de résilience selon l’histoire serait de la psychologue américaine Emmy Wener. Il y est écrit que dans les années 1950, à Hawaï, où les enfants des rues se comptent par centaines, Emmy Wener entame une étude portant sur 200 tout-petits, sans structure ni famille, qui sont en train de se laisser mourir par carence affective. Elle décide alors de les revoir tous les six mois, pendant trente ans. Ainsi, dans les années 1980, toujours selon l’histoire, elle publie ses conclusions, et révèle que 28% de ces enfants, a priori condamnés, ont appris à lire et à écrire, acquis un métier et fondé une famille. La question qui s’est donc posée est la suivante : quelle force mystérieuse leur a permis de s’en sortir ? Puisque près d’un tiers de ces enfants se sont développés correctement dans des circonstances épouvantables, combien auraient-ils été si on leur avait proposé un soutien plus propice à leur épanouissement ? C’est ainsi selon l’histoire que les bases de la résilience ont été jetées.
Pour Boris Cyrulnik, ethnologue et neuropsychiatre français : « il ne s’agit pas de ressauter à la même place, comme si rien ne s’était passé, mais ressauter un petit peu de côté pour continuer d’avancer… ». Ainsi, il définit la résilience comme étant : « La capacité à se développer quand même, dans des environnements qui auraient dû être délabrants. »
Le Defining Disaster Résilience: A DFID Approach Paper, 2011 définit la résilience de manière spécifique en parlant de résilience aux catastrophes en ces termes: « La résilience aux catastrophes est la capacité des pays, des communautés et des ménages à gérer un changement, en conservant ou en transformant leur niveau de vie face aux chocs et stress tels que tremblements de terre, sécheresses ou conflits violents, sans compromettre leurs perspectives à long terme. »
De toutes ces définitions on peut retenir que la résilience est la capacité de s’adapter et de continuer face à une situation nouvelle inattendue et bouleversante.
Après cette petite histoire qui nous a permis de mieux comprendre la notion de résilience, nous donnerons quelques stratégies pour une meilleure résistance des femmes face à la crise sécuritaire au Burkina Faso au cas par cas. Ainsi, nous parlerons du cas des femmes qui vivent dans les zones menacées et celui des femmes vivant dans les camps de réfugiés.
Cas des femmes vivant dans les zones menacées :
Nous recommandons, à ces femmes de quitter ces lieux pour se réfugier dans les zones les moins menacées. Nous savons que c’est difficile de quitter par exemple un endroit où nous sommes nés et où nous avons grandi. Néanmoins, dans de pareilles situations il est parfois nécessaire de faire ce choix difficile afin de préserver sa vie.
Il serait également important de permettre aux femmes de participer activement à la recherche de solution en leur permettant de prendre part aux sphères de décisions. Ce travail peut être entrepris dans chaque province et chaque région du Burkina Faso.
Cas des femmes vivant dans des camps de réfugiés :
Pour ces femmes, il serait intéressant de commencer par leur donner beaucoup d’amour qui permettrait d’établir une atmosphère de confiance entre elles et les autochtones.
Cela peut paraître simpliste mais, c’est primordial pour ce qui va suivre.
En effet, ayant tout perdu pour la plupart jusqu’à certains membres de leurs familles, leur apporter de l’amour serait un moyen de leur dire qu’elles ne sont pas seules face à cette situation.
Il serait également bien de leur donner un espace afin qu’elles puissent mettre des mots sur leurs émotions. Une fois qu’elles auraient mis un mot sur ce qu’elles ressentent, un accompagnement psychologique pourrait être entrepris pour chaque femme car, les émotions varient d’une personne à une autre.
À la suite de cette étape, des formations dans le domaine du leadership pour ces femmes seraient d’une grande nécessité. Ces formations leur permettraient d’avoir plus de confiance en soi, d’estime de soi et de connaissance de soi.
Lorsqu’elles auront les bases concernant la confiance en soi, l’estime de soi et de connaissance de soi, elles pourraient bénéficier d’autres types de formations dans certains domaines et mener par la suite des activités rémunératrices afin d’avoir une indépendance financière.
Nous pensons que ces formations sont très importantes pour ces femmes dans leurs processus de résilience car, comme le dit Francs Nicolas : « La confiance est l’une des principales ressources humaines pour réussir à vivre sa propre vie et surtout pour changer de vie.» Il dit également que « Se faire confiance, se sentir sûr de soi, c’est être conscient de ses capacités et les exploiter au mieux. La confiance en soi donne une perception positive et réaliste de soi. »
Ayant des partenariats avec des entreprises, le gouvernement, pourraient si possible dans leurs closes de partenariat demander à ce que ces femmes puissent intervenir dans ces entreprises lorsque le domaine d’activités desdites entreprises sied avec la compétence de ces femmes.
Selon nous, si nous parvenons à mettre en place ces stratégies et que chaque citoyen contribue d’une manière ou d’une autre à la hauteur de sa capacité, nous parviendrons à une meilleure résilience des femmes au Burkina Faso face à cette crise sécuritaire.
Pour y arriver nous devons travailler ensemble car, comme le dit un proverbe africain : « Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin.».
PHA